Alcool dans le mojito : quel degré d’alcool et comment adapter la recette selon vos envies

Alcool dans le mojito : quel degré d’alcool et comment adapter la recette selon vos envies

Le mojito, cocktail « léger »… vraiment ?

Le mojito a une image de cocktail frais, facile à boire, presque « soft ». Erreur classique. Sous la menthe et les bulles, il y a du rhum blanc à 40 % d’alcool. La question importante, ce n’est pas seulement : « Est-ce que c’est bon ? », mais aussi : « Combien d’alcool je bois vraiment ? »

Dans cet article, on va regarder le degré d’alcool réel d’un mojito, comment le calculer, et surtout comment adapter la recette selon vos envies : plus léger, plus corsé, version brunch ou sans alcool. Objectif : que vous sachiez exactement ce que vous servez, sans vous fier au hasard.

De quoi est vraiment composé un mojito classique ?

Un mojito « de base » se construit avec :

  • Rhum blanc (souvent 40 % vol.)
  • Sucre (sirop ou sucre en poudre)
  • Citron vert
  • Menthe fraîche
  • Eau gazeuse
  • Glaçons (beaucoup)
  • Voici une recette standard de bar, en mesures précises :

  • 5 cl de rhum blanc (40 %)
  • 2 cl de sirop de sucre (ou 2 cuillères à café rases de sucre en poudre)
  • 2 cl de jus de citron vert frais
  • 8 à 10 feuilles de menthe
  • Eau gazeuse pour compléter (environ 8–10 cl dans un verre highball classique, 30–35 cl rempli de glace)
  • Glaçons jusqu’en haut du verre
  • Cette base va nous servir pour calculer le degré d’alcool dans le verre, puis pour ajuster la recette.

    Combien de degrés dans un mojito ? (avec calcul simple)

    Pour savoir combien de degrés fait votre mojito, il faut regarder :

  • Le volume de rhum
  • Le degré du rhum
  • Le volume total du cocktail une fois monté (avec l’eau gazeuse + la dilution de la glace)
  • On va rester concret avec un exemple de mojito standard.

    Point de départ :

  • 5 cl de rhum à 40 %
  • 2 cl de sirop de sucre
  • 2 cl de jus de citron vert
  • 10 cl approximatifs d’eau gazeuse
  • On a donc, avant dilution de la glace :

  • 5 + 2 + 2 + 10 = 19 cl de liquide
  • Sur ces 19 cl, seuls les 5 cl de rhum contiennent de l’alcool.

    Alcool pur dans le verre : 5 cl x 40 % = 2 cl d’alcool pur.

    Mais un mojito, ce n’est pas servi « nu » dans un verre sans glace. Avec la glace, il y a de la dilution, c’est-à-dire de l’eau qui se mélange au cocktail. Sur un mojito bien monté, on peut facilement ajouter l’équivalent de 3 à 5 cl d’eau en quelques minutes, selon :

  • La taille et la quantité de glace
  • La température de la pièce
  • Le temps que vous mettez à boire votre verre
  • Pour une estimation réaliste en service :

  • Volume final dans le verre : environ 22–24 cl
  • Toujours 2 cl d’alcool pur
  • Degré approximatif du mojito dans le verre :

    2 cl d’alcool pur / 23 cl de cocktail ≈ 8,5 % vol.

    Donc un mojito « normal » tourne entre 8 et 10 % d’alcool, soit l’équivalent :

  • D’un grand verre de bière blonde
  • Ou un peu plus qu’un verre de vin servi généreusement
  • La différence, c’est qu’on le boit souvent plus vite, parce que c’est sucré, frais, mentholé. C’est là que la transparence devient importante.

    Ce qui fait vraiment varier le degré d’alcool d’un mojito

    Dans la réalité, tous les mojitos ne se valent pas. Ce qui peut faire grimper ou descendre le pourcentage :

  • La dose de rhum : 4 cl, 5 cl, 6 cl… ou un barman « généreux » qui verse à l’œil.
  • Le degré du rhum : 37,5 %, 40 %, 50 % ou plus pour certains rhums overproof.
  • La taille du verre : un mojito dans un petit verre rempli de rhum avec très peu d’eau gazeuse sera beaucoup plus chargé qu’un mojito XL plein de glace et d’eau.
  • La quantité de glace : plus il y a de glace, plus la dilution est importante, plus le pourcentage d’alcool baisse au fil des minutes.
  • La quantité d’eau gazeuse : un mojito « piscine » avec beaucoup d’eau gazeuse sera plus léger à dose de rhum identique.
  • C’est pour ça que vous avez parfois l’impression qu’un mojito « cogne » plus dans un bar que dans un autre, même si la recette a l’air identique sur le menu.

    Adapter un mojito : 4 profils, 4 recettes

    Plutôt que de faire toujours le même mojito, vous pouvez adapter la recette selon le contexte et les personnes à table. Voici quatre versions avec des repères concrets.

    Mojito standard (équilibré, apéro classique)

    C’est la base polyvalente : ni trop léger ni trop fort, parfaite pour un apéritif.

    Recette type :

  • 5 cl de rhum blanc à 40 %
  • 2 cl de sirop de sucre
  • 2 cl de jus de citron vert frais
  • 10 feuilles de menthe
  • Eau gazeuse (8–10 cl selon le verre)
  • Glace en cubes à volonté
  • Procédé :

  • Dans un verre type highball, déposez la menthe au fond, ajoutez le sirop et le jus de citron.
  • Tapez la menthe légèrement avec un pilon ou le manche d’une cuillère, sans la broyer. Objectif : libérer les huiles, pas faire de la salade hachée.
  • Ajoutez le rhum.
  • Remplissez de glace jusqu’en haut.
  • Complétez à l’eau gazeuse, remuez doucement de bas en haut.
  • Goûtez. Si c’est trop acide, ajoutez un tout petit peu de sirop. Si c’est trop sucré, rajoutez un trait d’eau gazeuse.
  • Degré approximatif : autour de 8–10 % dans le verre, selon la dilution.

    Mojito light (brunch, après-midi, « je travaille demain »)

    Objectif : garder le goût et la sensation de mojito, mais réduire nettement la quantité d’alcool. Idéal pour les invités qui veulent « juste un verre » ou pour les longues après-midis d’été.

    Principe : on réduit le rhum, on garde les saveurs, on joue sur le volume.

    Recette type :

  • 3 cl de rhum blanc à 40 %
  • 2 cl de sirop de sucre
  • 2 cl de jus de citron vert
  • 10 feuilles de menthe
  • Eau gazeuse pour compléter (10–12 cl)
  • Beaucoup de glace
  • Ce qui change :

  • Moins de rhum, mais même quantité de citron et de sucre : le cocktail reste expressif.
  • Un peu plus d’eau gazeuse pour conserver un bon volume dans le verre.
  • Degré approximatif :

  • 3 cl x 40 % = 1,2 cl d’alcool pur.
  • Volume final autour de 22–24 cl.
  • On descend à environ 5–6 % vol., soit l’équivalent d’une bière légère.
  • Astuce de service : annoncez-le comme « mojito léger ». Les invités qui surveillent leur consommation vous remercieront, et les autres sauront qu’ils peuvent éventuellement en reprendre un deuxième sans exploser leur compteur d’alcool.

    Mojito costaud (soirée, amateurs de rhum)

    Parfois, on vous demande un mojito « bien chargé ». Plutôt que de verser le rhum au hasard, autant savoir ce que vous faites.

    Principe : on augmente la dose de rhum, mais on garde l’équilibre sucre / acidité, sinon vous obtenez juste un verre de rhum à la menthe.

    Recette type :

  • 7 cl de rhum blanc à 40 %
  • 2,5 cl de sirop de sucre
  • 2,5 cl de jus de citron vert
  • 10–12 feuilles de menthe
  • Eau gazeuse (6–8 cl, pas plus)
  • Glace en quantité
  • Degré approximatif :

  • 7 cl x 40 % = 2,8 cl d’alcool pur.
  • Volume final autour de 22–24 cl.
  • On se rapproche des 11–13 % vol.
  • Important :

  • Annoncez clairement que le cocktail est plus fort que la normale.
  • Évitez ce type de dose pour les personnes qui ne boivent pas souvent ou qui boivent vite. Le sucre et la fraîcheur masquent l’alcool, l’ivresse peut monter sans qu’on s’en rende compte.
  • Variante amateurs : utilisez un rhum un peu plus expressif (rhum agricole blanc 50 % par exemple), mais en revenant à 5 cl. Vous augmentez l’intensité aromatique sans forcément gonfler la quantité d’alcool versée.

    Mojito sans alcool (mais avec du goût)

    Un bon mojito sans alcool, ce n’est pas juste de la menthe, du citron et de l’eau gazeuse. Si vous retirez le rhum, vous perdez :

  • Du volume en bouche
  • De la longueur aromatique
  • Une certaine rondeur
  • Il faut donc compenser.

    Recette type (mocktail mojito) :

  • 2 cl de jus de citron vert
  • 2 cl de sirop de sucre
  • 8–10 feuilles de menthe
  • 4 cl de jus de pomme clair ou de jus de raisin blanc (pour le corps)
  • Eau gazeuse (8–10 cl)
  • Glace à volonté
  • Procédé :

  • Même méthode que pour un mojito classique : menthe + sucre + citron, on tape légèrement, puis on ajoute le jus de pomme ou de raisin à la place du rhum.
  • Glace, eau gazeuse, on mélange, on goûte.
  • Résultat :

  • Un verre frais, mentholé, avec une vraie texture grâce au jus de fruit.
  • 0 % d’alcool, mais pas l’impression de boire une simple limonade.
  • Vous pouvez aussi utiliser un « rhum » sans alcool du commerce, mais vérifiez toujours le goût pur avant. Certains sont très aromatisés, d’autres très plats. Adaptez le sucre en conséquence.

    Comment ajuster un mojito au goût, sans perdre le contrôle de l’alcool

    Une fois que vous maîtrisez les bases, vous pouvez ajuster en finesse sans transformer chaque verre en expérience aléatoire.

    Pour un mojito plus doux (en bouche, pas forcément en alcool) :

  • Ajoutez 0,5 cl de sirop de sucre.
  • Ou réduisez légèrement le jus de citron (de 2 cl à 1,5 cl).
  • Attention : plus c’est sucré, plus l’alcool est masqué. Ça se boit vite. Gardez ça en tête.

    Pour un mojito plus sec, plus « adulte » :

  • Gardez le rhum tel quel.
  • Réduisez le sirop de 2 cl à 1,5 cl.
  • Ou augmentez très légèrement le citron (2,5 cl).
  • Pour un mojito plus aromatique sans plus d’alcool :

  • Utilisez un rhum de meilleure qualité, plus expressif, à degré égal.
  • Ajoutez un petit zeste de citron vert (sans le pith blanc) dans le verre pour booster les arômes.
  • Frappez mieux la menthe, mais sans la déchirer : l’amertume vient des tiges cassées et des feuilles écrasées, pas du parfum.
  • Les erreurs fréquentes qui faussent le degré d’alcool

    Ce qui fait déraper un mojito, ce sont souvent les petits « à peu près ».

  • Verser le rhum à l’œil : le classique. Sans jigger (doseur), on a tendance à servir très généreux. Pour un service maison maîtrisé, investissez dans un doseur 3/5 cl. C’est l’outil le plus rentable de votre bar.
  • Verres trop grands, à moitié vides : un grand verre quasi rempli de rhum et de glace, avec juste un trait d’eau gazeuse, donne un cocktail très chargé en alcool même s’il a l’air léger.
  • Pas assez de glace : paradoxalement, plus vous mettez de glace, moins votre cocktail se dilue vite. Un verre rempli de quelques glaçons va fondre rapidement et se diluer de manière incontrôlée. Un verre bien rempli tient mieux, et vous gardez un profil plus stable.
  • Rhum trop fort pour la même dose : remplacer un rhum blanc 40 % par un rhum 50 % sans rien changer d’autre, c’est augmenter l’alcool de 25 % dans le verre. Ça se sent, surtout au deuxième mojito.
  • Servir en pichet : comment garder le contrôle ?

    Le mojito en pichet, c’est pratique pour les grandes tablées. Mais côté alcool, ça peut vite devenir flou. Voici une base simple pour un pichet de 1 litre.

    Pichet mojito standard (1 L, environ 4 grands verres) :

  • 20 cl de rhum blanc à 40 %
  • 8 cl de sirop de sucre
  • 8 cl de jus de citron vert
  • 30–40 feuilles de menthe
  • Eau gazeuse pour compléter (environ 40–45 cl, selon la quantité de glace)
  • Glaçons en quantité dans le pichet
  • Degré approximatif :

  • 20 cl x 40 % = 8 cl d’alcool pur dans le pichet.
  • Volume total autour de 90–100 cl (avec la dilution).
  • On reste autour de 8–9 % vol., comme pour un mojito individuel classique.
  • Adaptations rapides :

  • Version light : passez à 12–15 cl de rhum, gardez le reste identique.
  • Version costaud : 25 cl de rhum, mais annoncez-le clairement et servez dans des verres plus petits.
  • Astuce : notez votre recette de pichet quelque part (carnet, notes du téléphone). Comme ça, vous pouvez la reproduire sans réfléchir à chaque apéro.

    Comment parler du degré d’alcool à vos invités

    Dire « attention, ça tape » ne suffit pas. Vous pouvez être précis sans plomber l’ambiance.

    Quelques phrases simples, honnêtes et efficaces :

  • « Ce mojito tourne autour d’une bière forte en alcool, à peu près. »
  • « La version light est plus proche d’une petite bière, tu peux en boire un en étant tranquille si tu conduis plus tard, mais ça reste alcoolisé. »
  • « Lui, c’est la version bien chargée, donc doucement dessus. »
  • « Celui-ci est 100 % sans alcool, même pas une goutte de rhum. »
  • L’important, c’est que chacun sache ce qu’il boit. Un mojito très sucré se boit comme une limonade, mais ne se digère pas comme une limonade.

    En résumé : maîtriser le mojito, c’est aussi maîtriser l’alcool

    Un mojito n’est jamais « juste » un cocktail à la menthe. En jouant sur trois paramètres — dose de rhum, volume total, dilution —, vous pouvez :

  • Créer un mojito standard autour de 8–10 %.
  • Descendre vers 5–6 % pour un mojito léger, parfait en journée.
  • Monter vers 11–13 % pour les amateurs avertis, en toute connaissance de cause.
  • Proposer une vraie alternative sans alcool qui a du goût et de la texture.
  • Avec des mesures claires, un doseur, beaucoup de glace et un peu de méthode, vous ne laisserez plus jamais le hasard décider du degré de vos mojitos. À partir de là, vous pouvez vous amuser sur ce qui compte le plus : le goût, l’équilibre, et le plaisir de servir des cocktails adaptés à chacun autour de la table.